Belfort
Cathédrale Saint-Christophe

Belfort : La Cathédrale Saint-Christophe, une pure merveille, à découvrir ou redécouvrir

Depuis la création du Diocèse Belfort-Montbéliard en 1979, Belfort possède en « Saint-Christophe » « Sa » Cathédrale. Petite, certes, mais ô combien solide et nous verrons pourquoi plus loin, celle qui fut au départ église abbatiale (1727) puis basilique, demeure une valeur sure. Qui plus est, admirée et très visitée…

L’Histoire de Belfort s’écrit en « Majuscule » et la Cathédrale « Saint-Christophe » ne saurait et ne pourrait en être exclue.
Pour cette église abbatiale, tout commence en 1727 par l’entrepreneur Henri Schuller, sur les plans de Jacques Philippe Mareschal, ingénieur ordinaire du roi à Strasbourg. Lequel appelé à la chefferie de Strasbourg, ne pouvait en assurer lui-même l’exécution. Le devis des travaux s’élevait, alors, à cent-quarante-six-mille-trois-cent-trente-quatre livres.
Construite en grès rose, provenant des carrières d’Offemont, village situé à 3 kilomètres de Belfort, c’est donc bel et bien le 12 octobre 1727 que l’on procéda à l’adjudication de la maçonnerie des fondations de l’église.
Le 16 octobre, de cette même année, le prévôt de la collégiale Jean-Claude Noblat, délégué de son altesse de Grimaldi, procéda à la bénédiction du terrain et à la pose de la première pierre de l’édifice. Les fondations furent ensuite conduites avec rapidité. Jacques Philippe Mareschal fit différents plans tout au long de la construction.

Capacité de 3000 fidèles

Ouverte au culte en 1750, soit 23 ans après le début des travaux, l’église abbatiale n’est véritablement terminée qu’en 1845, date de construction de la tour Sud. A signaler que le fils d’Henri Schuller fut, même, abbé dans cette église.
L’Histoire de cette magnifique église aurait pu s’arrêter là. Mais, malgré les saccages et pillages de 1793 et les différentes guerres, dont celle des « Trois Sièges » en 1870 ou elle fut assaillie de bombes, la future cathédrale resta debout… Solide comme un roc !
Rappelons que cette église dite de « garnison » pouvait, dépourvue de chaises et de bancs, accueillir - en position « debout » - jusqu’à 3000 fidèles. A signaler, également, que la crypte servait d’abri à la population civile.

Basilique en 1952, puis Cathédrale en 1979

Puisque l’on évoque l’intérieur de « Saint-Christophe », on ne saurait omettre de parler de la Chaire en bois doré surmonté d’un ange et du Buffet d’Orgue. Un mobilier d’époque.
Les interventions successives sur le grand orgue historique qui plus est, l’un des plus beaux de France, furent tout d’abord confiées au facteur d’orgues Jean-Baptiste Waltrain (1749) - fils de joseph Waltrain lequel avait déjà construit l’orgue de l’ancienne église « Saint-Denis », jugée alors trop exigüe et vouée à la démolition. Les frères Callinet (1848) suivront, avant que les Etablissements Schwenkedel de Strasbourg, prennent la succession pour une nouvelle et authentique restauration en 1971,
Mais en dehors de cela et après la période trouble et agitée se terminant en 1793, l’église fut remeublée et décorée. Sans oublier les superbes tableaux de Gustave Dauphin. Peu après, entre 1890 et 1910, des vitraux et le baptistaire apparurent.
Quant aux sublimes grilles en fer forgé aux motifs végétaux du Chœur, elles furent installées en 1864. Insistons, véritablement, sur le fait que des grilles existaient auparavant à « Saint-Christophe ». Celles-ci, hélas connaissaient la destruction lors des saccages et pillages de 1793.
A en oublier, presque, les colossaux piliers rectangulaires reliés les uns aux autres en forme d’arches somptueusement sculptées. Mais aussi la nef semi-circulaire, style coupole, le chœur et le splendide maître autel datant du XVIIIe siècle. L’ensemble faisant de Saint-Christophe que l’on s’y trouve bien.
Ce majestueux édifice fut classé au titre des monuments historiques en 1930
L’église « Saint-Christophe » devint, ensuite et en toute logique Basilique en 1952 par un décret du Pape Pie XII, en raison de l’ancienneté de l’église et des mérites éminents de ses prêtres. Une année après, en 1953, la devenue Basilique « Saint-Christophe » était consacrée par l’archevêque de Besançon.
C’est enfin en 1979, sous Jean-Paul II – lors de la création du diocèse Belfort-Montbéliard - qu’elle sera érigée en Cathédrale.

Une Cathédrale immortalisée… par le timbre postal !

A titre indicatif, si la Cathédrale « Saint-Christophe » passe pour être la plus jeune de France, on répondra : Oui ! Mais, seulement, au niveau de l’Evêché. Car en ce qui concerne le bâtiment en lui-même (1727 – 1750), la palme revient à Evry, construite en 1995…
La Cathédrale « Saint-Christophe », joyau religieux incontestable de Belfort, admirée et très régulièrement visitée, par des pèlerins de passage s’est même vue immortalisée, au même titre que l’Hôtel de Ville, le kiosque à musique et en surimpression le Lion de Bartholdi, par le timbre postal en 2016.
En somme, un monument d’exception à découvrir ou à redécouvrir. Indéniablement…
Pour la Commission Diocésaine d’Art Sacré

Texte : Alain GUYOT Photos Ch. TRIBUT